Comment accompagner une innovation agroécologique ?

La filière cotonnière

Une perte de fertilité des sols

Champ de coton, Nord du CamerounInformationsInformations[1]

La Sodecoton, principal acteur de la filière cotonnière, est une entreprise semi-publique camerounaise, qui a contribué à la prospérité de la région.

Mais ce développement économique a pu également causé des problèmes à long terme. Au début du 21ème siècle, les agriculteurs ont observé de plus en plus souvent une perte de fertilité des sols, causée par les exportations des résidus de culture mais aussi leur brûlis et leur consommation au champ par la vaine pâture. Dans le passé la Sodecoton conseillait fermement le brulis des tiges de cotonniers pour tuer les bioagresseurs qui pouvaient y trouver refuge. L'accès à la culture attelée ainsi que l'approvisionnement en engrais pour une partie des céréales, facilité par la filière, a entraîne une augmentation des surfaces cultivée au détriment de la jachère de longue durée et des espaces de parcours naturel. Les revenus cotonniers ont permis l'accroissement des effectifs de ruminants d'élevage, certes produisant de la fumure animale, mais pouvant aussi dégrader les couverts arborés et herbacés naturels.

De plus, ces agriculteurs et agro-éleveurs disposent d'une quantité limitée de fumure animale qui couvre moins de 10 % de la surface cultivée. Il faut aussi rappeler que les sols de cette région, sableux, sur un socle granitique ou de grés, sont naturellement peu fertiles et fragiles. Ainsi la perte de fertilité était déjà observée dans les années 1980' et bien avant l'accroissement de la production cotonnière.

Brûlis des résidusInformationsInformations[2]

L'augmentation de prix de l'engrais

Enfin, avec les facilités offertes par la filière coton pour acquérir l'engrais minéral à crédit, les producteurs ont surtout mis l'accent sur ce type de fumure.

Mais, à partir de 2008, le prix de l'engrais a fortement augmenté et ils ont dû réduire son usage sur toutes les cultures et leur intérêt pour la fumure organique a pris alors de l'ampleur, du moins chez les producteurs possédant du bétail.

Avec la baisse du prix de la fibre de coton sur le marché mondial, la hausse des engrais et la baisse ou la stagnation des rendements, ce sont tous les acteurs de la filière coton, et en premier lieu les producteurs, qui se sont trouvés en difficulté, alors qu'elle procure de l'emploi dans les usines et services de la Sodecoton et de l'activité à toute une région dans les domaines des transports, du commerce et des services, par exemple aux secteur de la banque et de l'assurance.

L'acteur majeur du développement

Pour faire face à ces difficultés, les producteurs doivent être en mesure de maintenir le rendement du cotonnier au-dessus de 1,2 tonnes par hectares en coton-graine. Si l'on considère que le principal facteur limitant la production est la faible fertilité des sols, comment les acteurs de la filière peuvent-ils contribuer à la redresser ?

Entreprise agro-industrielle, la Sodecoton est aussi l'acteur majeur du développement agricole de cette région et met en œuvre des projets sur financement extérieur. Dans ce cadre, elle a commencé à vulgariser au début des années 1990' plusieurs pratiques culturales et d'aménagement du terroir visant le maintien de la fertilité des sols. Si les techniques de contrôle du ruissellement et de réduction de l'érosion par des ouvrages en pierres ont eu les meilleurs taux d'adoption, les agronomes de la recherche et de la Sodecoton considéraient qu'il fallait les combiner à des apports organiques au sol, que ce soit sous forme d'agroforesterie, de jachère améliorée ou d'engrais vert, de fumier et de compost. La production des fumures organiques est basée sur l'élevage et le recyclage des pailles de céréales et des tiges de cotonnier.

Champ de coton avec des semis directs, Nord de CamerounInformationsInformations[3]
  1. Patrick Dugué

  2. Patrick Dugué

  3. Patrick Dugué

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