Les deux phases sont connectées
Ces deux phases sont bien sûr étroitement connectées. La phase 1 peut se poursuivre pour régler certaines questions alors que la phase 2 de diffusion démarre sur la base de certains acquis validés par les parties prenantes. De même ces deux phases comprennent divers boucles d'apprentissages pour les agronomes, en réactualisant les diagnostics, en ajustant les recommandations techniques et en continuant à innover. Les producteurs, les techniciens contribuent aussi à ces boucles d'apprentissage. Si les agronomes sont assez bien outillés pour actualiser les diagnostics, réévaluer les besoins des producteurs de façon qualitative, il n'en est pas toujours de même pour mettre en place un dispositif de suivi-évaluation comprenant une mesure des effets et des impacts des actions des projets et programmes de développement. Ces mesures sont indispensables pour poursuivre l'action, « on ne roule pas à 100 km/h dans le brouillard ».
Besoin des compétences différents
Entre la phase 1 et la phase 2 les méthodes d'intervention et la posture de l'agronome sont très différentes. La phase 1 explore les champs du possible mais doit tout de même anticiper la phase 2 afin de calibrer les mesures d'accompagnement comme le taux de subvention pour des nouveaux équipements et intrants. Durant la phase 1 l'agronome avec l'appui d'économistes et de géographes doit travailler à une échelle significative, par exemple sur des parties de bassin versant ou de territoires ainsi qu'au niveau des unités de production et pas seulement au niveau de petites parcelles à caractère expérimental. Les dispositifs mis en place pour la phase 2 doivent être à la fois bien calibrés et suffisamment souples. Il faut par exemple se donner des objectifs quantitatifs atteignables en fonction des moyens et ressources disponibles (en surface, en nombre de producteurs concernés). Mais ces dispositifs doivent pourvoir être révisés, ajustés en fonction des résultats obtenus après un premier cycle d'un an. Pour cela il fait savoir argumenter avec les décideurs et bailleurs de fonds, d'où l'importance d'un dispositif de suivi-évaluation informatif et fiable.
Résultats validés et acceptés
En toute logique la phase 1 doit déboucher sur une suite, c'est-à-dire un programme bien doté en ressources pour pouvoir « changer d'échelle ». Mais cela implique d'abord que la co-conception ait abouti à des résultats validés et acceptés par les parties-prenantes et que les mesures d'accompagnement des producteurs soient effectives (par exemple, une subvention pour acheter les semences de nouvelles cultures ou de plantes de service). Si la phase de diffusion ne peut pas être mise en œuvre faute de ressources, les acquis obtenus de la phase 1 doivent d'abord être capitalisés et communiqués aux parties prenantes et à toutes structures potentiellement intéressées. Ensuite, une autre stratégie de diffusion doit être imaginée, moins ambitieuse probablement mais demandant moins de ressources humaines et financières.